Les grandes banques parient sur les crypto-monnaies !

La banque européenne d’investissement (BEI) a vendu 100 millions d’EUR de dette en tirant parti pour la première fois d’une blockchain publique, cette technologie qui valide les transactions des crypto-monnaies, a-t-elle annoncé mercredi 28/04/2021.

«La BEI a utilisé la blockchain, cette technologie de registre distribuée, pour enregistrer et régler les obligations numériques émises, en collaboration avec Goldman Sachs, Santander et Société Générale», explique l’Institution dans un communiqué.
La blockchain, ou chaîne de blocs, est une technologie de sécurisation et de traçage de l’information dont la forme la plus connue est le bitcoin.
La BEI s’appuie sur le réseau blockchain Ethereum, la deuxième plus grande cryptomonnaie.

Une petite révolution
«Ces bons numériques vont permettre à la Banque d’accéder plus vite et plus facilement à des sources de financement alternatives, pour investir des projets à travers le monde», s’est félicité Mourinho Félix, vice-président de la BEI. «C’est la même évolution qui a eu lieu quand nous avons cessé de nous envoyer des lettres pour passer aux emails», juge pour sa part Jean-Marc Stenger, qui dirige Forge, la branche crypto monnaies de Société Générale, qui a participé à cette émission.

La Banque de France a également participé à l’expérience, à travers son projet de monnaie numérique de banque centrale (CBDC).
Selon lui, les délais techniques de règlement passent ainsi de plusieurs jours à quelques minutes, et le nombre d’investisseurs potentiels est multiplié.

Au lancement du bitcoin, après la crise financière, la première crypto monnaie avait pour but de devenir un moyen de paiement décentralisé grâce à l’utilisation de la blockchain.
Si des délais de paiements trop longs et une volatilité trop élevée poussent maintenant ses adeptes à y voir une sorte d’or numérique, la technologie blockchain est utilisée par des entreprises financières.

La troisième plus grande banque française, la Société Générale, a émis un billet à moyen terme en EUR (EMTN) sur la blockchain Tezos ; cela peut sembler peu, mais cela a des implications importantes.

La première émission d’obligation sur la blockchain
Cet EMTN est un jeton de sécurité qui représente la dette souveraine de la France ; pour imager, nous pouvons l’imaginer comme une obligation du Trésor américain.
Elle aide à financer les opérations du Gouvernement et les investisseurs reçoivent un taux d’intérêt fixe de retour pour investir dans la dette.

Quant à Tezos (XTZ), il s’agit actuellement de la 36e plus grande crypto-monnaie au monde en termes de capitalisation boursière. Elle est similaire à Ethereum (ETH) dans la mesure où la blockchain est conçue pour alimenter des contrats intelligents.
Ces contrats s’exécutent automatiquement lorsque les paramètres convenus sont respectés.

Nous avons donc ici l’émission d’obligations sur la blockchain.
Les investisseurs pourront négocier ces obligations comme ils le font aujourd’hui pour le Bitcoin, l’Ether ou tout autre actif numérique.

La France démarre son projet de CBDC
Et cela pourrait indiquer que l’Europe pourrait lancer sa propre monnaie numérique de banque centrale (CBDC). Les CBDC ont déjà fait parler d’eux, notamment parce que la Chine a commencé à tester sa propre monnaie numérique.

Mais nous ne devons pas oublier que les CBDC sont plus que de simples versions des monnaies nationales basées sur la blockchain.

Pour que les CBDC fonctionnent, les pays devront recréer toute l’infrastructure du système financier moderne sur la blockchain. Cela inclut les rails nécessaires à l’émission et à la négociation de la dette souveraine.

Il ne s’agit donc pas d’une initiative ponctuelle, de fait, semble que la France et l’Europe posent les jalons de sa CBDC.

D’autres actifs seront tokenisés
Et cela permettra également à d’autres actifs d’être “tokenisés” et placés sur la blockchain.
À terme, nous aurons des actions, des matières premières et d’autres actifs négociés sous forme de jetons de sécurité. Et cela permettra de fournir toutes sortes de nouvelles et intéressantes opportunités d’investissement.

Nous sommes au début d’une tendance pluriannuelle.
L’on devrait parler davantage des CBDC et des jetons de sécurité plus tard cette année.

Précision : Les informations contenues dans cet article n’engagent que le rédacteur et ne sauraient se substituer à un conseil financier spécifique. Elles ne sont valables qu’à la date de leur rédaction uniquement.

Jeremy ESSERYK
Conseiller en Investissements Financiers
Courtier en assurances et en prêts bancaires en Europe
office@kne-ltd.com

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